Les (...) choses (...) n'obtiennent leur parfaite bonté que par quelque chose de surajouté à leur être ; mais Dieu possède le complément de sa bonté dans son être même.
Avertissement : les traductions des citations "uppercuts" sont parfois rendues dans une version moins littérale que dans la version plus longue accessible par le lien "Détails". Le sens n'est pas amoindri mais la qualité d'uppercut est mieux préservée. Il serait dommage en effet que le lecteur soit ici moins frappé qu'il ne le pourrait.
Toute la foi chrétienne tourne autour (versatur) de la divinité et de l'humanité du Christ.
DeArt.Prologue
L'amour est ordonné lorsque nous aimons Dieu par-dessus tout comme le souverain bien, et que soient rapportées à lui toutes les choses que nous aimons comme à leur fin ultime, et qu'enfin soit gardé dans les autres choses à aimer l'ordre dû (debitus ordo), à savoir que nous préférions les [réalités] spirituelles aux [réalités] corporelles.
DeRat. 5
Il est de la raison de charité (ratio cartitatis) que Dieu soit par-dessus tout aimé (super omnia diligatur), et que nulle créature ne lui soit préférée dans l'amour (in amore).
DeVirt.q2a10
Tu ne peux entièrement jouir (perfrui) de tout bien, si tu ne viens à la source de tout bien.
Sermon n° 20, Beata gens
Les saints possèdent en plénitude absolument tout ce que l'homme peut ici-bas [désirer] avec ou sans péché.
Sermon n° 20, Beata gens
Tu n'es pas tenu d'avoir une familiarité avec n'importe qui, à moins qu'il ne demande pardon ; car alors il est un ami, et si tu le rejettes, tu as en haine un ami.
L'âme bienheureuse est totalement remplie (impletur) de béatitude ; autrement, ce ne serait pas le bien parfait.
Sermon n° 19 (Fête de la Toussaint)
Dieu est en soi au plus haut point aimable (maxime diligibilis) en tant qu'objet de la béatitude.
Il est nécessaire, pour aimer Dieu au plus haut point (maxime diligendum), que la charité soit infusée dans nos cœurs.
... l'amitié de charité, qui est fondée sur le don de la grâce.
II-II.q26a3
De charité (ex caritate) l'homme doit aimer Dieu, qui est le bien commun de tous, plus que lui-même.
II-II.q26a3
[La charité] fait l'homme de grande dignité.
DeDec.3
L'amour ne peut être droit si la fin propre (debitus finis) de l'espérance n'est d'abord fixée ; et cela ne peut être si la connaissance de la vérité [offerte par la foi] fait défaut.
Compendium, I, 1
[La charité] conduit au bonheur (felicitatem) ; à ceux-là seuls en effet qui ont la charité est promise l'éternelle béatitude.
DeDec.2
La nature même de l'amour est celle-ci : qu'il transforme celui qui aime en celui qui est aimé.
DeDec.2
Il est manifeste, en effet, que celui qui est aimé est naturellement dans celui qui aime ; et c'est pourquoi celui qui aime Dieu le possède en lui-même (in se habet).
DeDec.2
En effet, qu'il s'agisse de la grâce des langues, de celle de la science, du don de la foi ou de quoi que ce soit d'autre comme le don de prophétie, sans la charité, ils ne confèrent pas la vie. Si en effet un corps mort est revêtu d'or et de pierres précieuses, il n'en demeure pas moins mort.
DeDec.2
Celui qui agit (operatur) seulement par crainte (ex timore) agit (operatur) à la manière d'un esclave ; celui [qui agit] par amour (ex amore) [agit] comme un fils.
DeDec.1
Ce qui est dit des autres par accident, convient à Dieu par essence, comme être puissant, sage, et autres choses semblables.
Lorsqu'il est dit "Qui s'attache (adhaeret) à Dieu, est [avec lui] un seul esprit (spiritus)", il n'est pas désigné une unité de substance, mais une unité d'affect, qui est entre celui qui aime et celui qui est aimé.
DeVirt.q2a1
La charité aime Dieu immédiatement, et les autres choses par la médiation de Dieu. Dans la connaissance, en revanche, il en va inversement : c'est par les autres [choses] que nous connaissons Dieu.
L'amour est naturellement le premier acte de la volonté et de l'appétit.
I.q20a1
Il est nécessaire au salut que l'homme aime (diligat) Dieu de telle manière qu'il place en lui la fin de son intention, et n'admette rien qui soit contraire à l'amour (dilectioni) divin ; et c'est pourquoi, par voie de conséquence, la haine et l'abnégation de soi-même relèvent de la nécessité du salut.
DePerf.11
La vie spirituelle consiste principalement dans la charité, celui qui ne l'a pas est considéré n'être rien spirituellement (nihil esse spiritualiter).
DePerf.2
En ceci réside la perfection ultime de la vie contemplative : que non seulement la vérité divine soit vue, mais qu'elle soit aussi aimée.
Le terme de vérité convient par soi au Christ parce qu'il est lui-même le Verbe.
L'homme ne peut commettre efficacement aucun mal contre Dieu, mais seulement contre lui-même et le prochain.
Comm.1Co.13.2.774 (p. 404a)
Par la charité l'homme use d'un intellect perfectionné, sans la charité son usage n'est pas bon.
Comm.1Co.13.1.766 (p. 401a)
L'intelligere de Dieu est sa substance.
CG.I.60.2
L'Apôtre ne veut rien dire d'autre, lorsqu'il dit : « nous verrons dans la patrie face à face », sinon que nous verrons l'essence même de Dieu.
Je dis que Dieu seul se voit lui-même d’une connaissance naturelle, parce qu’en Dieu son essence et son intellect sont une même chose.
Retirer (auferre) aux hommes la possibilité de la vision de l'essence divine, c'est leur retirer la béatitude elle-même.
Comm.Jean.I.11.212 (p. 136b)
Puisque le vrai suit l'être, cela seul est sa propre vérité qui est son propre être, ce qui est le propre de Dieu seul.
Quand un intellect créé voit Dieu par essence, l’essence même de Dieu devient la forme intelligible de l’intellect.
De l’essence divine et de l’intellect créé est constitué une unité dans l’intelliger, tandis que l’intellect intellige et que l’essence est intelligée par elle-même.
Parce que l’âme a été créée immédiatement par Dieu, elle ne pourra être bienheureuse que si elle voit Dieu immédiatement.
Il est manifeste qu’une chose n’est appétible [i.e. désirable] qu’en tant qu’elle est parfaite.
La vérité est connue par l'intellect selon que l'intellect fait retour sur son propre acte.
Le vrai ne peut être appréhendé, si n'est pas appréhendée la ratio entis [= la notion de ce qui est], parce que l'ens [ce qui est] tombe dans la ratio veri [= la notion de vrai].
I.q16a3ad3
A proprement parler, la vérité est dans l'intellect qui compose et qui divise, mais non dans le sens, ni dans l'intellect connaissant ce qu'est une chose.
La vérité est définie par la conformité (conformitatem) de l'intellect et de la chose (rei). D'où, connaître cette conformité, c'est connaître la vérité.
Alors que le sens est connaissance des particuliers, l'intellect semble différer de lui par le fait qu'il saisit (comprehendit) les universels.
Comm. Métaphysique, Prologue
Le Philosophe dit que l'opinion et le discours sont vrais du fait que la chose est, et non du fait que la chose est vraie.
Une chose n'est pas dite vraie sinon selon qu'elle est adéquate à l'intellect.
DeVer.q1a2
L'objet propre proportionné à notre intellect est la nature de la chose sensible (natura rei sensibilis).
I.q84a8
La puissance elle-même n'est pas connue, si ce n'est par l'acte.
I.q84a2
La charité est ce qui nous unit (unit) à Dieu, qui est la fin ultime de l'esprit humain.
II-II.q184a1
La vie chrétienne consiste spécialement dans la charité, par laquelle l'âme est unie (conjugitur) à Dieu.
II-II.q184a1ad2
Ce qui est en premier intelligé par nous (...) c’est la quiddité de la chose matérielle, qui est l’objet de notre intellect
L'homme n'est pas dit bon parce qu'il a un bon intellect (bonum intellectum) mais parce qu'il a une bonne volonté (bonam voluntatem).
I.q5a4
Le bien connu (bonum intellectum) est l'objet de la volonté.
I.q82a4 - II-II.q8a4
Le bien connu (bonum intellectum) est l'objet proportionné de la volonté.
I-II.q19a3
Le bien connu (bonum intellectum) meut l'affect.
II-II.q7a2
L'animal peut tendre vers ce qu'il connaît, et non pas seulement vers les fins auxquelles l'incline sa forme naturelle.
I.q80a1
L'amour spirituel (amor spiritualis) à l'égard des femmes, s'il n'est pas précautionneux (cautus), dégénère en [amour] charnel (degenerat in carnalem).
Comm1Tim. IV.3.179, p. 180b
... l'appétit intellectif, qu'est la volonté.
I.q82a5
Les appétits supérieur et inférieur (...) diffèrent selon un mode différent d’appéter (...) c’est pourquoi ce sont (...) des puissances diverses, mais non divers genre de puissances.
L'appétit intellectif, bien qu'il se porte vers des choses qui sont hors de l'âme et singulières, s'y porte toutefois selon une certaine raison universelle.
L'animal peut tendre vers ce qu'il connaît, et non pas seulement vers les fins auxquelles l'incline sa forme naturelle.
I.q80a1
La vision corporelle est rendue délectable (...) du fait que voir est en soi délectable, mais aussi du fait que l'on voit une personne aimée.
Il est commun à toutes les créatures de représenter la bonté divine par cela même qu'elles sont.
Compendium, I, 103
L'homme (...) atteint sa fin ultime par la connaissance et l'amour de Dieu.
I-II.q1a8
Dieu seul (...) rend l'homme parfaitement heureux par la contemplation de son essence.
I-II.q3a7
L’Esprit Saint opère des actes de prodiges (virtutes) même par l'intermédiaire des méchants (malos), tout comme par eux il profère la vérité.
Comm1Co.XIII.1.767 (p. 401b)
Si (...) un être est aimable à la mesure de sa beauté et de sa bonté, iI est impossible que Dieu – qui est l’essence même de la beauté et de la bonté – soit vu sans être aimé. C’est pourquoi de la parfaite vision découle un amour parfait.
Compendium. II, 9
L'objet propre de l'intellect est le "ce que c'est" (proprie obiectum intellectus est, quod quid est).
Comm. de la 2nde lettre au Corinthiens, (Chap. XII, Lect. 1, 451)
Parmi tous les effets de la grâce, aucun n'est aussi manifeste que la paix (...). Lorsque quelqu'un possède la paix, c'est le signe qu'il possède la grâce.
Sermon pour le 1er dimanche après l'Épiphanie, (Cerf, 2014, p. 126)
Les saints cherchent à s'attacher au Christ de manière continuelle par la contemplation.
La délectation consiste dans le repos de la volonté.
I-II.q4a2
La volonté ne recherche pas le bien en vue de son propre repos.
I-II.q4a2
Le bien connu (bonum intellectum) est nécessairement aimé (diligitur).
Compendium. I, 32
Retirer aux choses leurs actions propres, c'est rabaisser la bonté divine.
CG.III.69.16
Presque tout le cours de la philosophie est ordonné à la connaissance de Dieu.
CG.I.4.2
En Dieu, intellect et volonté sont une unique chose.
CG.IV.19.5
La volonté se prend dans les choses pensantes comme l'inclination naturelle – qui est aussi dite appétit naturel – dans les choses naturelles.
CG.IV.19.3
Ce que nous constatons dans le désir de savoir, c'est que, plus on sait de choses, plus on est animé d'un grand désir de savoir.
CG.III.25.13
La fin de la vie spirituelle c'est que l'homme soit uni à Dieu, ce qui se fait par la charité.
Il appartient bien plus à la morale de considérer l'amitié que la justice.
La volonté divine a une nécessité, non de contrainte, mais d'ordre naturel, qui ne s'oppose pas à la liberté.
La nécessité de l'ordre naturel ne s'oppose pas à la liberté, mais seulement la nécessité de contrainte.
Pour atteindre la perfection de la charité, il n’est pas seulement nécessaire que l’homme écarte les réalités extérieures, mais aussi que, en quelque manière, il s’abandonne complètement lui-même. (...) L’amour divin provoque l'extase, c’est-à-dire qu’il met l’homme à l'extérieur de lui-même, en ne laissant pas l’homme être lui-même, mais [être] celui qui est aimé.
Le bien délectable n'est pas désirable directement, mais seulement en tant qu'il est absent.
Les passions sont dîtes volontaires, ou parce qu’elles sont commandées par la volonté, ou parce que la volonté n’y fait pas obstacle.
Si les passions sont considérées selon qu'elles sont sous le commandement de la raison et de la volonté, ainsi il y a en elles bien ou mal moral.
L'homme peut tendre à Dieu plus par amour, passivement attiré d'une certaine manière par Dieu lui-même, que sa propre raison ne peut l'y conduire.
Il est plus noble d'appeler les hommes à Dieu par l'enseignement et la prédication que par le chant.
Par la grâce, l’homme peut être si attaché au bien qu’il ne peut que très difficilement pécher.
Le jugement sur ce bien particulier, tel qu’il est maintenant, ne peut jamais être contraire à l’appétit. (...) S’il n’y a pas d’empêchement, le mouvement ou l’opération suit l’appétit.
MAUVAIS LIEN : DeVer.q24a2
Nous ne jugeons pas de la fin ultime (...), nous l’approuvons naturellement, et c’est pourquoi il n’y a pas sur elle un choix, mais une volonté.
Le libre arbitre ne se rapporte pas au bien et au mal de la même manière, car il se rapporte au bien par lui-même et naturellement ; mais il se rapporte au mal sur le mode du défaut et hors de la nature.
Un certain bien, du fait qu'il est non mélangé de mal, est nécessairement désiré par la volonté, et ce bien c'est le bonheur lui-même.
Les animaux sans raison agissent bien par un arbitre, mais pas un arbitre libre, (...) comme la brebis ne peut pas ne pas fuir le loup qu'elle a vu.
Les actions (...) peuvent être contraintes ou empêchées (...) c’est pourquoi on ne dit pas même de l’homme qu’il est libre de son action.
Lorsque la volonté choisit quelque chose par le jugement de la raison, elle passe à l'action plus vite et plus facilement si, avec cela, la passion est excitée dans la partie inférieure.
Dans la nature sujette à la passion, il n’est pas possible que la volonté se meuve fortement vers quelque chose sans qu’une passion s’ensuive dans la partie inférieure.
L'homme, par un jugement rationnel, [peut] choisir d'être affecté de telle passion afin d'agir plus vite, avec la coopération de l'appétit sensible. La passion ajoute alors à la bonté de l'acte.
Nul n'est si parfait qu'il ne reste en lui quelque opposition de la chair envers l'esprit.
C’est principalement dans l’Évangile qu’est transmise la forme de la foi catholique.
Plus une nature est proche de Dieu, plus la similitude de la dignité divine est trouvée expressive en elle. (...) [Or] la nature rationnelle est supérieurement voisine de Dieu.
L'art n'est pas nécessaire à l'artisan lui-même pour bien vivre, mais seulement pour faire une oeuvre bonne.
Le bien de la prudence est celui qui est atteint en celui qui agit et dont la perfection est son agir même.
La fabrication, qui se réalise dans une matière extérieure, n'est pas la perfection de celui qui fait mais de ce qui est fait.