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Thomas d'Aquin - I.q1a1ad2 - Philosophie et théologie peuvent atteindre un même objet

  • Il existe une théologie strictement philosophique

Rien n’empêche donc que les choses (rebus) mêmes

  • dont traitent les sciences philosophiques,
    • selon qu’elles sont connaissables par la lumière de la raison naturelle,
  • soient traitées par une autre science,
    • selon que [ces choses] sont connues par la lumière de la révélation divine.

D'où la théologie qui relève de la doctrine sacrée differt selon le genre de la théologie qui est posée comme partie de la philosophie.

(I.q1a1ad2)

Unde nihil prohibet de eisdem rebus,

  • de quibus philosophicae disciplinae tractant
    • secundum quod sunt cognoscibilia lumine naturalis rationis,
  • et aliam scientiam tractare
    • secundum quod cognoscuntur lumine divinae revelationis.

Unde theologia quae ad sacram doctrinam pertinet, differt secundum genus ab illa theologia quae pars philosophiae ponitur.

 


1. -- Ceci ne recoupe pas la vision franciscaine des choses au XIII et XIVème siècles. Ni Duns Scot ni même Bonaventure n'auraient pu s'exprimer en ces termes. L'époque était à l'extrême méfiance à l'égard des prétentions de certains penseurs dont on pensait qu'ils voulaient priver la théologie révélée de ces prérogatives.

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Thomas d'Aquin - II-II.q10a4 - La foi implicite de Corneille

 

3. L'infidélité ne corrompt pas totalement chez les infidèles la raison naturelle, au point qu'il ne reste en eux quelque connaissance du vrai, qui leur permet de pouvoir faire quelque chose en matière d'oeuvres bonnes.

A propos de Corneille cependant, il faut savoir qu'il n'était pas un infidèle ; autrement son activité n'eût pas été agréée de Dieu, à qui nul ne peut plaire sans la foi. Corneille avait la foi implicite (fidem implicitam), puisqu'il ne connaissait pas encore manifestement (manifestata) la vérité de l'Évangile. Aussi est-ce pour l'instruire plus pleinement de la foi que Pierre est envoyé vers lui.

(Somme, II-II.q44a1)

Ad tertium dicendum quod per infidelitatem non corrumpitur totaliter in infidelibus ratio naturalis, quin remaneat in eis aliqua veri cognitio, per quam possunt facere aliquod opus de genere bonorum.

De Cornelio tamen sciendum est quod infidelis non erat, alioquin eius operatio accepta non fuisset Deo, cui sine fide nullus potest placere. Habebat autem fidem implicitam, nondum manifestata Evangelii veritate. Unde ut eum in fide plene instrueret, mittitur ad eum Petrus.

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