Thomas d'Aquin - II-II.q180a7 - Est délectable ET le fait de voir, ET le fait de voir une personne aimée
|
Une contemplation peut être délectable de deux façon. D'une première manière, en raison de l’opération elle-même, parce que pour chacun, l’opération qui lui convient selon sa propre nature ou selon son habitus est délectable. Or, la contemplation de la vérité revient à l'homme selon sa nature, en tant qu'il est un animal rationnel. De là vient que "tous les hommes désirent naturellement savoir", et que par conséquent ils se délectent dans la connaissance de la vérité. Et cela devient encore plus délectable pour celui qui possède l’habitus de la sagesse et de la science, par lequel il arrive que l’on contemple sans difficulté. D’une autre manière, la contemplation est rendue délectable du fait de l'objet, à savoir en tant que quelqu'un contemple la chose aimée ; comme il arrive aussi dans la vision corporelle qu'elle soit rendue délectable non seulement du fait que voir est en soi délectable, mais aussi du fait que l'on voit une personne aimée. Puisque donc la vie contemplative consiste principalement dans la contemplation de Dieu, à laquelle meut la charité (comme il a été dit), il s'ensuit que dans la vie contemplative, il y a une délectation non seulement en raison de la contemplation elle-même, mais en raison de l’amour divin lui-même. Et sous ce double aspect, sa délectation surpasse toute délectation humaine. Car,
|
Respondeo dicendum quod aliqua contemplatio potest esse delectabilis dupliciter. Uno modo, ratione ipsius operationis, quia unicuique delectabilis est operatio sibi conveniens secundum propriam naturam vel habitum. Contemplatio autem veritatis competit homini secundum suam naturam, prout est animal rationale. Ex quo contingit quod omnes homines ex natura scire desiderant, et per consequens in cognitione veritatis delectantur. Et adhuc magis fit hoc delectabile habenti habitum sapientiae et scientiae, ex quo accidit quod sine difficultate aliquis contemplatur. Alio modo contemplatio redditur delectabilis ex parte obiecti, inquantum scilicet aliquis rem amatam contemplatur, sicut etiam accidit in visione corporali quod delectabilis redditur non solum ex eo quod ipsum videre est delectabile, sed ex eo etiam quod videt quis personam amatam. Quia ergo vita contemplativa praecipue consistit in contemplatione Dei, ad quam movet caritas, ut dictum est; inde est quod in vita contemplativa non solum est delectatio ratione ipsius contemplationis, sed ratione ipsius divini amoris. Et quantum ad utrumque eius delectatio omnem delectationem humanam excedit. Nam
|
- Dernière mise à jour le .