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Thomas d'Aquin - DeVirt.q2a10ad16 - Aimer Dieu à travers ses vestiges est insuffisant, il faut l'aimer directement comme celui qui rend bienheureux

De même que dans la connaissance de n'importe quelle vérité est connue la vérité première, comme le premier exemplaire dans une image ou un vestige ; ainsi également, dans l'amour de n'importe quel bien, est aimée la bonté souveraine.

Mais un tel amour de la bonté souveraine ne suffit pas à la ratio de charité, car il faut que le souverain bien soit aimé en tant qu'il est l'objet de la béatitude.

Ad decimumsextum dicendum, quod sicut in cognitione cuiuslibet veri cognoscitur prima veritas, sicut primum exemplar in imagine, vel vestigio; ita etiam in amore cuiuslibet boni amatur summa bonitas.

Sed talis amor summae bonitatis non sufficit ad rationem caritatis, sed oportet quod diligatur summum bonum prout est beatitudinis obiectum.


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Thomas d'Aquin - I.q6a2 - Dieu est summum bonum

Dieu est le souverain bien absolument, et non seulement dans un genre ou un ordre de choses déterminé. Car le bien est attribué à Dieu, comme on l'a dit, en tant que toutes les perfections désirées découlent (effluunt) de lui, comme de la cause première. Or, elles ne découlent pas de lui

  • comme d'un agent univoque, ainsi qu'il appert par ce qui précède,
  • mais comme d'un agent qui ne convient pas avec ses effets, ni selon la raison de l'espèce, ni selon la raison du genre.
  • La similitude de l'effet se trouve en effet de manière uniforme dans la cause univoque,
  • mais elle se trouve de manière plus excellente dans la cause équivoque, comme la chaleur est d'un mode plus excellent dans le soleil que dans le feu.

Puisque donc le bien est en Dieu comme dans la cause première de tout, cause non univoque, il faut qu'il soit en lui d'un mode très excellent. Et c'est pour cela qu'il est dit souverain bien.

Respondeo dicendum quod Deus est summum bonum simpliciter, et non solum in aliquo genere vel ordine rerum. Sic enim bonum Deo attribuitur, ut dictum est, inquantum omnes perfectiones desideratae effluunt ab eo, sicut a prima causa. Non autem effluunt ab eo

  • sicut ab agente univoco, ut ex superioribus patet,
  • sed sicut ab agente quod non convenit cum suis effectibus, neque in ratione speciei, nec in ratione generis.

Similitudo autem effectus in causa quidem univoca invenitur uniformiter,

in causa autem aequivoca invenitur excellentius, sicut calor excellentiori modo est in sole quam in igne.

Sic ergo oportet quod cum bonum sit in Deo sicut in prima causa omnium non univoca, quod sit in eo excellentissimo modo. Et propter hoc dicitur summum bonum.


 

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