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Thomas d'Aquin - DePot.q9a9 - Puisqu’en Dieu l’être, l’intelliger et le vouloir sont une même chose, alors le verbe et l'amour en lui sont subsistants

Or, puisqu’en Dieu l’être, l’intelliger et le vouloir sont une même chose, il est nécessaire que le verbe et l’amour ne soient pas des accidents en Dieu, mais qu’ils subsistent dans la nature divine.

Or, il n’y a en Dieu qu’un seul intelliger simple et un seul vouloir simple ; car, en intelligeant son essence, il intellige toutes choses ; et en voulant sa bonté, il veut tout ce qu’il veut.

Il n’y a donc qu’un seul Verbe et un seul Amour dans les [personnes] divines.

Cum autem in Deo idem sit esse, intelligere et velle, necessarium est quod verbum et amor in Deo non accidant, sed subsistant in natura divina.

Non autem est in Deo nisi unum simplex intelligere et unum simplex velle, quia intelligendo essentiam suam, intelligit omnia; et volendo bonitatem suam, vult omnia quae vult.

Non est ergo nisi unum Verbum et unus Amor in divinis.

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Thomas d'Aquin - I.q6a3 - Seul Dieu est bon par son essence

Seul Dieu est bon par son essence.

Chaque chose, en effet, est dite bonne selon qu'elle est parfaite. Or, la perfection d'une chose est triple.

  • La première, selon qu'elle est constituée dans son être.
  • La seconde, en tant que lui sont surajoutés certains accidents nécessaires à sa parfaite opération.
  • La troisième perfection d'une chose consiste enfin en ceci qu'elle atteint quelque chose d'autre comme sa fin.

Par exemple,

  • la première perfection du feu consiste dans l'être, qu'il possède par sa forme substantielle ;
  • sa seconde perfection consiste dans la chaleur, la légèreté, la siccité et autres choses de ce genre ;
  • sa troisième perfection, enfin, consiste en ce qu'il repose dans son lieu propre.

Or, cette triple perfection ne convient à aucune créature selon son essence, mais à Dieu seul,

  • dont seul l'essence est son être,
  • et à qui ne surviennent aucun accident ; mais ce qui est dit des autres par accident, lui convient par essence, comme être puissant, sage, et autres choses semblables, ainsi qu'il appert par ce qui a été dit.
  • Lui-même, en outre, n'est ordonné à rien d'autre comme à une fin, mais il est lui-même la fin ultime de toutes les choses.

D'où il est manifeste que seul Dieu possède, selon tous ses modes (omnimodam), la perfection selon son essence.

Et c'est pourquoi lui seul est bon par son essence.

Respondeo dicendum quod solus Deus est bonus per suam essentiam.

Unumquodque enim dicitur bonum, secundum quod est perfectum. Perfectio autem alicuius rei triplex est.

  • Prima quidem, secundum quod in suo esse constituitur.
  • Secunda vero, prout ei aliqua accidentia superadduntur, ad suam perfectam operationem necessaria.
  • Tertia vero perfectio alicuius est per hoc, quod aliquid aliud attingit sicut finem.

Utpote

  • prima perfectio ignis consistit in esse, quod habet per suam formam substantialem,
  • secunda vero eius perfectio consistit in caliditate, levitate et siccitate, et huiusmodi,
  • tertia vero perfectio eius est secundum quod in loco suo quiescit.

Haec autem triplex perfectio nulli creato competit secundum suam essentiam, sed soli Deo,

  • cuius solius essentia est suum esse;
  • et cui non adveniunt aliqua accidentia; sed quae de aliis dicuntur accidentaliter, sibi conveniunt essentialiter, ut esse potentem, sapientem, et huiusmodi, sicut ex dictis patet.
  • Ipse etiam ad nihil aliud ordinatur sicut ad finem, sed ipse est ultimus finis omnium rerum.

Unde manifestum est quod solus Deus habet omnimodam perfectionem secundum suam essentiam. Et ideo ipse solus est bonus per suam essentiam.

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