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Thomas d'Aquin - I.q80a2 - L'appétit est une puissance passive qui dépend d'un principe actif

Il est nécessaire de dire que l'appétit intellectif est une puissance autre que l'[appétit] sensitif.

En effet, la puissance appétitive est une puissance passive, dont la nature est d'être mûe (nata est moveri) par ce qui est appréhendé ; d'où il suit que l'appétible appréhendé (appetibile apprehensum) est un moteur non mû, tandis que l'appétit est un moteur mû, comme il est dit au livre III du De Anima et au livre XII de la Métaphysique.

Or, les [êtres] passifs et les mobiles se distinguent selon la distinction des [êtres] actifs et des moteurs, car il faut que le moteur soit proportionné au mobile, et l'actif au passif ; et la puissance  passive elle-même tire sa ratio propre (propriam rationem) de son ordre à son [principe] actif.

Puisque, par conséquent, ce qui est appréhendé par l'intellect est d'un autre genre (alterius generis) que ce qui est appréhendé par le sens, il s'ensuit que l'appétit intellectif est une puissance autre que l'appétit  sensitif.

Respondeo dicendum quod necesse est dicere appetitum intellectivum esse aliam potentiam a sensitivo.

Potentia enim appetitiva est potentia passiva, quae nata est moveri ab apprehenso, unde appetibile apprehensum est movens non motum, appetitus autem movens motum, ut dicitur in III de Anima, et XII Metaphys.

Passiva autem et mobilia distinguuntur secundum distinctionem activorum et motivorum, quia oportet motivum esse proportionatum mobili, et activum passivo; et ipsa potentia passiva propriam rationem habet ex ordine ad suum activum.

Quia igitur est alterius generis apprehensum per intellectum et apprehensum per sensum, consequens est quod appetitus intellectivus sit alia potentia a sensitivo.

 

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