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Thomas d'Aquin - CG.I.80.6 - Aimer Dieu est la plus haute perfection de la créature rationnelle

Toute perfection et toute bonté qui se trouvent dans les créatures conviennent à Dieu essentiellement, comme il a été prouvé plus haut. Or, aimer Dieu est la plus haute perfection de la créature rationnelle, puisque par là, d'une certaine manière1, elle est unie à Dieu. Donc, cela est en Dieu essentiellement. Par conséquent, il s'aime lui-même par nécessité. Et ainsi, il veut son [propre] être.

Omnis perfectio et bonitas quae in creaturis est, Deo convenit essentialiter, ut supra probatum est. Diligere autem Deum est summa perfectio rationalis creaturae: cum per hoc quodammodo Deo uniatur. Ergo in Deo essentialiter est. Ergo ex necessitate diligit se. Et sic vult se esse.


1. C'est à dire pas de la manière dont Dieu ne fait qu'un avec lui-même, nous ne sommes pas unis à Dieu de façon absolue, jusqu'à devenir nous-mêmes Dieu dans notre propre nature, mais d'une certaine manière.

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Thomas d'Aquin - II-II.q180a7ad1 - La perfection ultime de la vie contemplative c'est que non seulement la vérité divine soit vue, mais aussi aimée

ll faut donc répondre au premier argument que la vie contemplative, bien qu'elle consiste essentiellement dans l'intellect, a néanmoins son principe dans l'affect, dans la mesure où c'est par la charité que l'on est incité à la contemplation de Dieu. Et parce que la fin répond au principe, il s'ensuit que le terme et la fin de la vie contemplative se trouvent aussi dans l'affect : lorsque l'on se délecte dans la vision de la chose aimée, et que cette délectation même de la chose vue excite plus encore l'amour.

C'est pourquoi Grégoire dit, dans son Commentaire sur Ézéchiel : "quand on a vu celui qu'on aime, on s'embrase plus encore d'amour pour lui". Et c'est là l'ultime perfection de la vie contemplative : que non seulement la vérité divine soit vue, mais aussi qu'elle soit aimée.

Ad primum ergo dicendum quod vita contemplativa, licet essentialiter consistat in intellectu, principium tamen habet in affectu, inquantum videlicet aliquis ex caritate ad Dei contemplationem incitatur. Et quia finis respondet principio inde est quod etiam terminus et finis contemplativae vitae habetur in affectu, dum scilicet aliquis in visione rei amatae delectatur, et ipsa delectatio rei visae amplius excitat amorem.

Unde Gregorius dicit,super Ezech., quod cum quis ipsum quem amat viderit, in amorem ipsius amplius ignescit. Et haec est ultima perfectio contemplativae vitae, ut scilicet non solum divina veritas videatur, sed etiam ut ametur.

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