Accéder au contenu principal

Thomas d'Aquin - DeDec.IX - Quelqu'un qui demande pardon devient un ami

Car on veut le bien d'autrui de deux manières :

  • d'une manière générale, en tant qu'il est précisément une créature de Dieu et capable de participer à la vie éternelle ;
  • et d'une manière spéciale, en tant qu'il est un compagnon ou un ami.

Or, personne n'est exclu de l'amour général : on doit en effet prier pour n'importe qui et secourir n'importe qui dans l'extrême nécessité. En outre, tu n'es pas tenu d'avoir une familiarité avec n'importe qui, à moins qu'il ne demande pardon ; car alors il est un ami, et si tu le rejettes, tu as en haine un ami.

Duobus enim modis quis vult bonum alteri,

  • generali modo inquantum scilicet creatura Dei est et participabilis vite eterne,
  • et speciali inquantum est socius vel amicus. 

A generali autem dilectione nullus excluditur, debet enim quis pro quolibet orare et cuilibet in necessitate ultima subuenire. Preterea non eum quolibet teneris habere familiaritatem nisi peteret veniam, quia tune esset amicus et si refutares haberes odio amicum.


  • Dernière mise à jour le .

Thomas d'Aquin - I-II.q3a2ad1 - La vie se dit d'une double manière, la béatitude tient de la seconde

Le mot vie se dit de deux manières.

D'une première manière, il désigne l'être même du vivant (ipsum esse viventis). Et en ce sens, la béatitude n'est pas la vie ; il a été montré en effet que l'être d'un homme, quel qu'il soit, n'est pas la béatitude de l'homme ; car en Dieu seul la béatitude est son être même (suum esse).

D'une autre manière, on appelle vie l'opération même du vivant, par laquelle le principe de vie est ramené à l'acte ; et c'est ainsi que nous nommons la vie active, ou contemplative, ou voluptueuse.

Et c'est de cette manière que la vie éternelle est appelée la fin ultime. Ce qui est manifeste par ce qui est dit en Jean XVII : "La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu".

(I-II.q3a2ad1)

Ad primum ergo dicendum quod vita dicitur dupliciter.

Uno modo, ipsum esse viventis. Et sic beatitudo non est vita, ostensum est enim quod esse unius hominis, qualecumque sit, non est hominis beatitudo; solius enim Dei beatitudo est suum esse. 

Alio modo dicitur vita ipsa operatio viventis, secundum quam principium vitae in actum reducitur, et sic nominamus vitam activam, vel contemplativam, vel voluptuosam.

Et hoc modo vita aeterna dicitur ultimus finis. Quod patet per hoc quod dicitur Ioan. XVII, haec est vita aeterna, ut cognoscant te, Deum verum unum. 

 

 


  • Dernière mise à jour le .