L'amour, et ici l'amour de convoitise se porte contre tout obstacle l'empêchant de profiter de ce qu'on aime. L'exemple de la concurrence entre gens amateurs d'excellence est particulièrement savoureuse.
De même aussi, ceux qui recherchent l'excellence sont mus contre ceux qui semblent exceller, comme entravant leur excellence. (Somme, I-II.q28a4)
Similiter etiam qui quaerunt excellentiam, moventur contra eos qui excellere videntur, quasi impedientes excellentiam eorum.
... on n'est pas envieux du bien que tous peuvent posséder (comme Dieu ou la vérité), mais on peut l'être de la manière excellente de le posséder
Le bien est aimé en tant qu'il est communicable à celui qui aime. D'où tout ce qui empêche la perfection de cette communication, devient odieux [= devient objet de haine]. Et ainsi le zèle est causé par l'amour du bien. Mais il arrive que, par défaut de bonté, certains biens de peu de valeur (parva) ne peuvent être possédés simultanément intégralement par plusieurs. C'est de l'amour de tels biens qu'est causée le zèle envieux.
Il n'en va pas de même, à proprement parler, quand il s'agit de ces biens que plusieurs peuvent posséder intégralement (integre), nul n'est envieux d'autrui pour la connaissance de la vérité, que plusieurs peuvent acquérir intégralement ; mais on peut peut-être l'être de l'excellence de cette connaissance.
(Somme, I-II.q28a4ad2)
Bonum amatur inquantum est communicabile amanti. Unde omne illud quod perfectionem huius communicationis impedit, efficitur odiosum. Et sic ex amore boni zelus causatur. Ex defectu autem bonitatis contingit quod quaedam parva bona non possunt integre simul possideri a multis. Et ex amore talium causatur zelus invidiae.
Non autem proprie ex his quae integre possunt a multis possideri, nullus enim invidet alteri de cognitione veritatis, quae a multis integre cognosci potest; sed forte de excellentia circa cognitionem huius.
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1. Le bien spirituel n'est pas limité par l'aspect quantitatif qui limite le bien sensible. Mais il peut être limité par la manière dont on cherche à l'atteindre, aussi certains peuvent être envieux même des choses spirituelles.
En creux, TH. nous invite à ne pas se contenter de simplement aimer le bien spirituel, mais à l'aimer intensément.
Et s'il y a amour intense, il y aura aussi un zèle
à atteindre le bien spirituel de la meilleure manière possible
Arg. 1 Il semble que la volonté soit une puissance plus élevée que l'intellect.
En effet, le bien – et la fin – est objet de la volonté.
Mais la fin est la première et la plus élevée des causes.
Donc la volonté est la première et la plus élevée des puissances.
Arg. 1 Videtur quod voluntas sit altior potentia quam intellectus.
Bonum enim et finis est obiectum voluntatis.
Sed finis est prima et altissima causarum.
Ergo voluntas est prima et altissima potentiarum.
Ad. 1
[La ratio boni et la ratio veri]
La raison d'une cause est saisie selon une comparaison (comparatio) de l'une à l'autre, et dans une telle comparaison, la ratio boni se trouve être plus principale ;
[La ratio boni et le vrai]
mais le vrai est dit de manière plus absolue, et il signifie la ratio même de bien.
D'où le bien aussi est un certain vrai.
[Le bien et le vrai]
Mais, à son tour, le vrai lui-même est aussi un certain bien, selon que l'intellect est une certaine réalité (res), et le vrai, sa fin. Et entre les autres fins, cette fin-ci est plus excellente, tout comme l'intellect parmi les autres puissances.
Ad. 1
Ratio causae accipitur secundum comparationem unius ad alterum, et in tali comparatione ratio boni principalior invenitur,
sed verum dicitur magis absolute, et ipsius boni rationem significat.
Unde et bonum quoddam verum est.
Sed rursus et ipsum verum est quoddam bonum; secundum quod intellectus res quaedam est, et verum finis ipsius. Et inter alios fines iste finis est excellentior; sicut intellectus inter alias potentias.