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Thomas d'Aquin - CG.I.80.6 - Aimer Dieu est la plus haute perfection de la créature rationnelle

Toute perfection et toute bonté qui se trouvent dans les créatures conviennent à Dieu essentiellement, comme il a été prouvé plus haut. Or, aimer Dieu est la plus haute perfection de la créature rationnelle, puisque par là, d'une certaine manière1, elle est unie à Dieu. Donc, cela est en Dieu essentiellement. Par conséquent, il s'aime lui-même par nécessité. Et ainsi, il veut son [propre] être.

Omnis perfectio et bonitas quae in creaturis est, Deo convenit essentialiter, ut supra probatum est. Diligere autem Deum est summa perfectio rationalis creaturae: cum per hoc quodammodo Deo uniatur. Ergo in Deo essentialiter est. Ergo ex necessitate diligit se. Et sic vult se esse.


1. C'est à dire pas de la manière dont Dieu ne fait qu'un avec lui-même, nous ne sommes pas unis à Dieu de façon absolue, jusqu'à devenir nous-mêmes Dieu dans notre propre nature, mais d'une certaine manière.

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Thomas d'Aquin - Compendium I.214 - L'union de l'homme à Dieu se fait ou par l'affect ou par l'hypostase.

Chapitre 214
De la plénitude de grâce du Christ.

Capitulum 214
De plenitudine gratiae Christi

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Or, l’union (coniuctio) de l’homme à Dieu est double.

L’une par l’affect : et celle-ci se fait par la charité, laquelle, d’une certaine manière, fait l’homme un avec Dieu, selon ce passage de 1 Co. 6 : « Celui qui adhère à Dieu est [avec lui] un seul esprit ». Par [la charité] aussi, Dieu habite (inhabitat) en l’homme, selon ce passage de Jean XIV : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure chez lui ». Elle fait aussi que l’homme soit en Dieu, selon ce passage de 1 Jn 4 : « Celui qui demeure dans la charité demeure en Dieu et Dieu en lui ». En recevant ce don gratuit, celui-là est rendu (efficitur) agréable (gratus) à Dieu, au point d’être conduit (perducitur) par l’amour de charité (caritatis amorem) jusqu’à devenir un seul esprit avec lui, [et] qu’il soit lui-même en Dieu et Dieu en lui : d’où l’Apôtre dit en 1 Co. 13 que sans la charité les autres dons ne profitent pas à l’homme, parce qu’ils ne peuvent le rendre agréable à Dieu si la charité n’est pas présente. Or, cette grâce est commune à tous les saints. C’est pourquoi l’homme Christ, obtenant par sa prière cette grâce pour ses disciples, dit en Jean 17, 21 : « Qu’ils soient un », à savoir par la connexion de l’amour, « comme nous aussi nous sommes un ».

Une autre union de l’homme à Dieu se fait, quant à elle, non seulement par l’affect ou l’inhabitation, mais encore par l’unité d’hypostase ou de personne, pour que précisément une seule et même hypostase ou personne soit Dieu et homme. Et cette union-là de l'homme à Dieu est propre à Jésus-Christ...

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Coniunctio autem hominis ad Deum est duplex.

Una quidem per affectionem, et haec est per caritatem, quae quodammodo facit per affectionem hominem unum cum Deo, secundum illud I Corinth. VI, 17: qui adhaeret Deo unus spiritus est. Per hoc etiam Deus hominem inhabitat, secundum illud Ioan. XIV, 23: si quis diligit me, sermonem meum servabit, et pater meus diliget eum, et ad eum veniemus, et mansionem apud eum faciemus. Facit etiam hominem esse in Deo, secundum illud I Ioan. IV, 16: qui manet in caritate, in Deo manet et Deus in eo. Ille igitur per acceptum donum gratuitum efficitur Deo gratus qui usque ad hoc perducitur quod per caritatis amorem unus spiritus fiat cum Deo, quod ipse in Deo sit, et Deus in eo: unde apostolus dicit I Corinth. XIII quod sine caritate cetera dona hominibus non prosunt: quia gratum Deo facere non possunt, nisi caritas adsit. Haec autem gratia est omnium sanctorum communis. Unde hanc gratiam homo Christus discipulis orando impetrans, dicit, Ioan. XVII, 21: ut sint unum, scilicet per connexionem amoris, sicut et nos unum sumus.

Alia vero coniunctio est hominis ad Deum non solum per affectum aut inhabitationem, sed etiam per unitatem hypostasis seu personae, ut scilicet una et eadem hypostasis seu persona, sit Deus et homo. Et haec quidem coniunctio hominis ad Deum est propria Iesu Christi...

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Thomas d'Aquin - II-II.q184a1 - C'est la charité qui nous unit à Dieu, lui qui est la fin ultime de l'esprit humain

Je réponds qu'il faut dire qu'une chose est dite être parfaite dans la mesure où elle atteint sa fin propre (attingit proprium finem), laquelle est l'ultime perfection de la chose. Or, c'est la charité qui nous unit à Dieu, lui qui est la fin ultime de l'esprit humain ; car "celui qui demeure dans la charité demeure en Dieu, et Dieu en lui", comme il est dit en 1 Jean IV. Et c'est pourquoi la perfection de la vie chrétienne s'apprécie spécialement selon la charité.

Respondeo dicendum quod unumquodque dicitur esse perfectum inquantum attingit proprium finem, qui est ultima rei perfectio. Caritas autem est quae unit nos Deo, qui est ultimus finis humanae mentis, quia qui manet in caritate, in Deo manet, et Deus in eo, ut dicitur I Ioan. IV. Et ideo secundum caritatem specialiter attenditur perfectio vitae Christianae.

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Thomas d'Aquin - II-II.q44a1 - La fin de la vie spirituelle, c'est que l'homme soit uni à Dieu, ce qui se fait par la charité

La fin de la vie spirituelle c'est que l'homme soit uni à Dieu, ce qui se fait par la charité, et à cela est ordonné, comme à une fin, toutes les choses qui relèvent de la vie spirituelle.

(Somme, II-II.q44a1)

Finis autem spiritualis vitae est ut homo uniatur Deo, quod fit per caritatem, et ad hoc ordinantur, sicut ad finem, omnia quae pertinent ad spiritualem vitam.

 


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