Thomas d'Aquin - II-II.q180a7ad1 - La perfection ultime de la vie contemplative c'est que non seulement la vérité divine soit vue, mais aussi aimée
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ll faut donc répondre au premier argument que la vie contemplative, bien qu'elle consiste essentiellement dans l'intellect, a néanmoins son principe (principium) dans l'affect, en tant précisément que par la charité on est incité à la contemplation de Dieu. Et parce que la fin répond au principe, il s'ensuit que le terme et la fin (terminus et finis) de la vie contemplative se trouvent aussi dans l'affect : lorsque l'on se délecte dans la vision de la chose aimée, et que cette délectation même de la chose vue excite plus encore l'amour. C’est pourquoi Grégoire dit, [dans ses homélies] sur Ézéchiel, que « lorsque quelqu'un aura vu celui-ci même qu’il aime, il est plus encore (amplius) enflammé dans son amour ». Et c'est cela l'ultime perfection de la vie contemplative : à savoir, non seulement que la vérité divine soit vue, mais aussi qu'elle soit aimée. |
Ad primum ergo dicendum quod vita contemplativa, licet essentialiter consistat in intellectu, principium tamen habet in affectu, inquantum videlicet aliquis ex caritate ad Dei contemplationem incitatur. Et quia finis respondet principio inde est quod etiam terminus et finis contemplativae vitae habetur in affectu, dum scilicet aliquis in visione rei amatae delectatur, et ipsa delectatio rei visae amplius excitat amorem. Unde Gregorius dicit, super Ezech., quod cum quis ipsum quem amat viderit, in amorem ipsius amplius ignescit. Et haec est ultima perfectio contemplativae vitae, ut scilicet non solum divina veritas videatur, sed etiam ut ametur. |
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